Parasites internes

Les infestations parasitaires de pâture présentent un risque saisonnier

                        

  Grande douve (Fasciola Hepatica

La fasciolose est liée au développement de la grande douve dans le foie puis dans les voies biliaires.
La limnée (hôte intermédiaire nécessaire au développement de la grande douve) vit dans les zones humides : mares, fossés, ruisseaux, zones de piétinement autour des abreuvoirs.

La fasciolose existe sous plusieurs formes :

  • Suraiguë (1,5 à 2 mois après infestation) : anémie due à un syndrome hémorragique entraînant obligatoirement un affaiblissement de l’animal puis sa mort.
  • Aiguë : anémie suite à un amaigrissement, douleurs abdominales, épanchement de liquide dans la cavité abdominale.
  • Chronique (la plus fréquente) : amaigrissement progressif, diminution de l’appétit et de la production laitière, la laine s’assèche, anémie.

Si l’affection coïncide avec la fin de gestation ou le début de la lactation, le risque de toxémie de gestation et de mortalité autour de la mise bas est accru.

 

  Paramphistomes 

Le cycle des paramphistomes est proche de celui de la grande douve (nécessité d’un hôte intermédiaire vivant en zones humides).
Les signes cliniques sont  :

  • Une météorisation chronique plus ou moins irrégulière,
  • Un ramollissement des fécès et parfois une mortalité brutale,
  • Une congestion et/ou des hémorragies peuvent être observées dans des formes aiguës.

 

  Petite douve (Dicrocœlium lanceolatum)

La dicrocoeliose est liée au développement de la petite douve dans les voies biliaires de l’animal.

Elle est rencontrée surtout dans les zones sèches et calcaires
Les symptômes sont souvent liés à une évolution chronique et à une forte infestation :

  • Amaigrissement,
  • Anémie,
  • Parfois diarrhée.

 

 

  Oestrose 

Il s’agit d’une myiase nasale : dermatose parasitaire liée à l’infestation des tissus des naseaux par les larves d’une mouche appelée oestrus ovis.

 


Elle se manifeste principalement par des jetages et des éternuements mais en général l’état global reste correct.

 

  Strongles de la caillette et strongles digestifs

Les strongles gastro-intestinaux sont nombreux et la gravité des symptômes qu’ils occasionnent est très variable de l’un à l’autre.
La plupart entraîne des diarrhées, une baisse de poids et une anémie consécutives à une baisse d’appétit.

Plus spécifiquement, deux types de strongles sont responsables de symptômes graves :

  • Haemoncus contortus qui s’attaque à l’ensemble du troupeau lors de journées chaudes et humides d’été. Il cause une anémie brutale et intense avec une explosion de mortalité. Les signes digestifs restent, par contre, discrets.

 

  • Nématodirus qui entraine une infestation, souvent brutale, des agneaux de 1 à 2 mois à l’herbe au printemps ou en début d’été. On observe des diarrhées noirâtres, de la fièvre dans certains cas, une déshydratation, une laine terne, un abdomen remonté. Les lésions peuvent être importantes et induire une guérison lente ou la mort de l’animal. Ce peut être aussi un environnement favorable au développement d’entérotoxémies.

 

  Strongles pulmonaires

Les strongles pulmonaires sont à l’origine de bronchites ou bronchopneumonies chroniques avec des quintes de toux grasse, une augmentation de la fréquence respiratoire et un amaigrissement progressif.

Il est possible d’observer une surinfection bactérienne (jetage, larmoiement, fièvre, difficulté à respirer).

Différents types de strongyloses pulmonaires existent selon la localisation des parasites dans l’organisme :

  • Parasites logés dans les bronches et bronchioles : dictyocaulus (symptômes marqués) et protostrongylinés (symptômes discrets),
  • Parasites situés au bas du poumon : muellerius.

 

  Ténia

L’infestation par moniezia expansa a plutôt lieu au printemps ou en automne sur les jeunes animaux.
Les agneaux montrent une laine sèche, cassante et « frisottée », un retard de croissance et sont tour à tour constipés, ballonés ou diarrhéiques. L’éleveur peut observer des anneaux dans les crottes ou autour de l’anus.

 

  Prévenir l’infestation

  • Pour rompre le cycle du parasite en détruisant un milieu propice à son développement ou celui de son hôte,
  • En réduisant les contacts des animaux sensibles avec le parasite (élimination des excès d’eau, aménagement des zones d’abreuvement, retournement régulier des prairies, pâturage tournant, pâturage des jeunes animaux sur des prairies saines…).


  • En assurant une immunité correcte aux animaux (alimentation adaptée en suffisante en quantité, contact suffisant mais maîtrisé avec le parasite…),
  • En limitant les contaminations consécutives à l’introduction d’animaux (mise en quarantaine, réalisation d’analyses…).

  

  Diagnostiquer pour cibler les traitements

  • Examen clinique : observation des fécès, de l’état corporel de l’animal, de l’anémie, de présence de toux,
  • Autopsie : observation de l’état d’amaigrissement, de l’anémie, des lésions (organes touchés notamment), identification de parasites,
  • Analyses coprologiques : identification de parasites et comptage des œufs dans les fécès (attention : certains parasites pondent peu ou de manière discontinue ; il faut prendre en compte le délai entre le moment de l’ingestion des larves et le début de ponte des adultes).



Il est primordial pour tout éleveur de raisonner les traitements pour des raisons d’économie d’abord, afin de permettre à l’animal d’acquérir une immunité, pour limiter l’apparition de formes résistantes de parasites, pour maitriser l’impact sur l’environnement et sur la santé humaine.

Cela doit se faire sans pénaliser les performances des animaux.